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Consignes et corrections collectives avec le TBI

mercredi 21 mars 2007, par Marc Deloménie

Voici une activité incontournable de la classe qui se heurte à plusieurs obstacles comme la difficulté qu’ont les enfants de passer rapidement du référent horizontal de leur fiche de travail au référent vertical du tableau ou à recontextualiser l’exercice corrigé en fonction de l’investissement en travail qu’ils ont effectué. Si les stratégies d’aide classique fonctionnent bien, il est certain que les enfants les plus en difficulté ont toujours beaucoup de mal à s’y retrouver.

1 Descriptif rapide :

Nous travaillons une fiche de phonologie autour du son [r].

Il s’agit ici de faire tout seul les exercices d’audition et de localisation effectués sur l’ardoise dans les séances précédentes.
J’ai préparé sur le TBI trois écrans qui reprennent chacun des exercices de la fiche, avec sa consigne. Il s’agit d’une fonctionnalité qui permet de capturer n’importe quelle portion d’écran et de la coller dans le Notebook en tant qu’image. La fiche originale, au format PDF, est ouverte grâce à « Acrobat Reader » et les exercices capturés un par un. La création des diapositives est automatique.

Après distribution de la fiche, nous reprenons les consignes. à cette époque de l’année, je les lis en reprenant les références à l’affichage collectif des consignes usuelles (entoure, souligne, colorie, écris...). Pour lever toute ambiguïté, un élève vient montrer et dire les noms correspondant aux illustrations.

Une fois le travail terminé, nous passons à la correction collective en reprenant chaque écran.

cran 1
On utilise directement le feutre vert.
cran 2
cran 3
Pour le surligneur jaune, je le configure avant.

2 Les apports du TBI :

2.1 Les écueils de la correction collective

Bien qu’elle ne doive pas être la seule possibilité de prise d’indices pertinents, hors les gestes illicites de copiage, la correction d’un exercice au tableau est souvent un moment important où se crée un espace où celui qui ne sait pas peut observer celui qui sait.
Si on n’y prend garde, la correction collective peut présenter à la longue, pour certains enfants, de sérieux inconvénients : elle diminue le temps effectivement investi dans la tâche, elle prive l’enfant de son droit à se former, le frustre du plaisir d’en éprouver de la satisfaction, elle conduit l’enfant à désinvestir la correction elle-même, perçue comme inutile dès lors qu’on ne peut réexploiter à temps ce qu’elle a pu apporter, elle peut alors induire à terme une attitude fataliste, une baisse de confiance en soi.

2.2 Un outil de recentrage

L’utilisation du tableau apporte ici un réel progrès et un vrai confort pour les enfants comme pour le maître. La structure tableau/papier est rigoureusement la même : il n’y a pas à interpréter des codes de positionnement (la première image, l’image du bas, à droite du vélo....) mais à mettre en adéquation ce que l’on entend avec ce que l’on voit. On est ainsi sûr de travailler sur de la phonologie et non sur de la géométrie dans l’espace. Les élèves les plus en difficulté sont ici rassurés : ils gagnent un temps énorme immédiatement réinvesti en travail utile, que ce soit pendant l’exercice ou pendant la phase de correction en profitant pleinement des échanges qui ont lieux à ce moment-là.
Le travail ainsi effectué devient une évaluation réellement formative pour chaque élève. En particulier, les moments d’échanges permettent à chacun d’exprimer sa réponse si elle est différente et d’écouter les autres pour savoir si cette réponse peut être acceptée dans le cadre de la consigne donnée ou infirmée car elle n’est pas dans la norme voulue. Dans les deux cas, il y a une explication à la clé, explication matérialisée au tableau.

2.3 Une différenciation efficace

Une fois enregistré, le contenu du tableau peut alors resservir avec les élèves qui ont été le plus en échec. En reprenant quelques exercices en groupe, je leur permets d’essayer de refaire "le bon chemin", de rentrer dans une dynamique experte, au-delà de leur propre envie première qui a peut-être conduit à un échec.
Ici s’offre une palette de possibilités pour mettre en place une pédagogie différenciée. On peut ainsi trouver, pendant l’activité, des variations permettant à chaque élève de pouvoir suivre, au moins en partie, son cheminement, en utilisant les outils qui lui conviennent le mieux, afin que tous atteignent un certain nombre de buts semblables ou voisins.
Il est cependant indispensable de ne pas faire travailler chaque élève uniquement avec les méthodes qui lui conviennent, puisqu’il est important qu’il puisse aussi s’approprier les autres stratégies et ainsi arriver à la procédure experte. Sur d’autres fiches, j’utilise le TBI non pas seulement pour les consignes et la correction mais également pour donner à certains élèves réunis en groupe de besoins (voire de compétences) certaines clés de raisonnement qui pourraient leur manquer. Ainsi, plutôt que de faire de la remédiation et reprendre une tâche dans laquelle l’élève a échoué, nous pouvons travailler en amont et alléger la charge du groupe en question en lui permettant de réussir dans le domaine commun et de mieux profiter de l’activité collective suivante.

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