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Comment étudier un son

jeudi 16 août 2007, par Marc Deloménie

RECHERCHE ORALE

1) POINTS DE DEPART

a) Remarques des enfants au cours d’activités de lecture

    • dans "chien" c’est comme dans "champignon"
    • dans "joue" on entend comme dans "Julien"

b) Point de départ provoqué par le maître

  • Un jeu : par exemple le jeu du Roi
    Matériel indispensable : une couronne ! Un roi sans couronne est-ce vraiment un roi !
    "Aujourd’hui le Roi aime ..."
    Le maître peut amorcer la liste (en début d’année, par exemple) ou ne rien dire (une fois que les enfants ont bien compris le jeu, à partir de janvier par exemple).
    Chaque enfant propose un mot, et le Roi l’accepte ou non (suivant que l’on entend ou non le son que l’on veut faire découvrir).
    De temps en temps le maître récapitule ou fait récapituler les mots que le Roi aime (on peut les dessiner (puis les écrire plus tard dans l’année) au tableau pour s’en rappeler).
    Un enfant qui pense avoir trouvé la règle, devient le Roi jusqu’à ce qu’il se trompe (si c’est un enfant qui le remarque, c’est lui qui devient le Roi à son tour).
    Au bout d’un moment, lorsque la majorité des enfants auront repéré le son cherché, faire une mise en commun pour ceux qui ne l’auraient pas encore découvert.
    Avec ceux qui ont du mal à entendre le son, il sera peut-être bon de reprendre le jeu à un autre moment.
  • Une ou plusieurs comptines
    Le maître dit une comptine. On recherche le son que l’on entend beaucoup dans cette comptine. En cas de difficulté, on affine avec des recherches d’intrus sur une courte liste orale. (Voir les comptines de La Petite Souris, rubrique ’Construire’.)
  • Une histoire du faunographe (phonèmecédaire)
    Le maître lit l’histoire. On repère le phonème qui est très utilisé. L’histoire pourra servir ensuite pour retrouver la ou les graphies.

2) RECHERCHE ORALE DE MOTS
Chaque enfant (ou groupe d’enfants) recherche des mots où l’on entend le son étudié.

    • a) en découpant des images dans des catalogues et en les collant sur une feuille
    • b) en dessinant
    • c) en recherchent oralement "dans sa tête", puis chaque enfant propose un mot à tour de rôle.
      Dans les deux premiers cas, la validation peut se faire collectivement ou par échange des feuilles (un groupe vérifiant le travail d’un autre groupe). Dans le troisième cas la validation se fait instantanément par les autres élèves ou par le maître.

3) CODAGE DE LA PLACE DU SON
a) Le maître propose un mot et chaque enfant fait le codage sur son ardoise :

si j’entends le son au début du mot
si j’entends le son "dans le mot"
si j’entends le son à la fin du mot

(la flèche représente le mot avec le sens de lecture et le point ou les points représente(nt) le son)
On peut également utiliser des cases ou de simples traits (un par syllabe orale).

b) Il faut proposer aussi :

  • des mots où l’on n’entend pas le son
  • des mots qui ont un son voisin de celui étudié
    ex : si on étudie le son [f], proposer aussi des mots où l’on entend [v]
    Cet exercice se fait avec toute la classe (procédé Lamartinière).

4) AUTRES JEUX D’ECOUTE
a) Le maître raconte une histoire, les enfants lèvent la main dès qu’ils entendent le son recherché
b) Jeu de Pigeon-vole
... etc.. (voir Les types d’exercices de lecture au CP)

5) EXERCICES INDIVIDUELS
Voici quelques types d’exercices individuels afin de vérifier si les enfants ont bien repérer le son, s’il n’y a pas de confusion avec un son voisin par exemple.

  • Classement d’images
    Une série d’images est proposée aux enfants. Ils devront les trier suivant qu’ils entendent ou non le son étudié, en découpant les images et en les collant sur une feuille, ou en coloriant celles contenant le son étudié, ou en barrant les dessins qui ne correspondent pas.
  • Tri d’images selon la place du son
    Une série d’images est proposée aux enfants. Ils devront les découper et les trier suivant la place du son dans le mot en les collant sur une feuille en trois colonnes.

Les images du CD de LecturePlus sont un excellent support personnalisable de ces jeux, le logiciel fourni pour trier les images en fonction de ce qu’on veut voir ou entendre permet de gagner beaucoup de temps !
Bien entendu, les images de La Petite Souris sont aussi efficaces (et gratuites !).


RECHERCHE ECRITE

1) RECHERCHE PAR EQUIPE
Chaque équipe recherche dans tous les écrits disponibles et étudiés, les mots où l’on entend le son étudié, et les écrits sur une feuille (on peut demander à dessiner le codage à côté du mot).

2) MISE EN COMMUN
Chaque équipe propose un mot que le maître écrit au tableau. Cela peut être l’occasion d’un jeu : savoir l’équipe qui donnera le plus longtemps des mots justes.
Il peut y avoir discussion à propos de certains mots : je vois le graphème mais je n’entends pas le son. Ou le contraire : j’entends le son mais je ne vois pas le graphème attendu.
Chaque équipe corrige sur sa feuille en ajoutant les mots trouvés par d’autres équipes et en barrant les mots incorrects.

3) RECHERCHE DE LA (LES) GRAPHIE(S)
Chaque équipe essaie de repérer la graphie en fonction de la place du son et des graphies des autres sons déjà vus.
Si on estime que la recherche des graphies est trop compliquée (cas d’un son ayant de nombreuses graphies) on peut sauter cette étape et faire la recherche collectivement.

4) MISE EN COMMUN
Faire entourer dans les mots au tableau la (les) graphie(s).
Isoler les différentes graphies trouvées et les associer à un mot témoin (ex : â : c’est le [a] de "gâteau")

5) EXERCICES INDIVIDUELS

  • Si j’entends le son, j’accroche l’étiquette et je code la place du son, sinon je barre le dessin (se mettre d’accord auparavant sur la signification des dessins).
  • Classer une liste de mots connus (tous les mots font partie du répertoire de la classe).
  • Dessins avec le mots correspondants.
    Dans chaque mot, il faut repérer si on entend le son étudié et entourer la bonne graphie.
    Comme la plupart des mots sont inconnus, il faut que l’enfant repère la place du son dans le mot et se rappelle des différentes graphies découvertes. (se mettre d’accord sur la signification des dessins auparavant car la plupart des enfants ne sont pas encore en mesure de déchiffrer les mots, sauf en fin d’année).
  • Associer dessins et mots correspondants.
    Pour associer mots et dessins, l’enfant doit utiliser plusieurs stratégies. C’est un exercice difficile car les mots sont pour la plupart inconnus des enfants (se mettre d’accord sur la signification des dessins auparavant, sauf en fin d’année). Mais c’est un très bon exercice pour que l’enfant réfléchisse sur la langue et fasse des hypothèses.
    L’enfant peut s’appuyer sur la place du son dans le mot recherchés, sur le "petit mot" (déterminant) placé avant lui, sur la longueur du mot, sur des syllabes déjà mémorisées, etc ...
    Lors des premiers sons, cet exercice peut être fait collectivement ou par petits groupes hétérogènes afin que les enfants les plus en difficulté voient les stratégies mises en œuvre par leurs camarades.
  • Après avoir étudié deux sons voisins (ex : [f] et [v]), on peut proposer des exercices permettant de vérifier si les enfants les différencient bien.
    Exemple avec [f] et [v] : il faut compléter les mots avec la bonne graphie : f ou v (se mettre d’accord sur la signification des dessins auparavant, sauf en fin d’année).
    Exemple avec (an) et (on) : ici, on donne à l’enfant des phrases à lire (tous les mots sont connus et appartiennent au stock de mots de la classe). Il doit compléter certains mots avec la graphie an ou on, suivant ce qu’il entend.
  • Autres exercices permettant
    • soit une évaluation (en fin d’étude de son, ou différée)
    • soit une remédiation

FICHE DU SON

1) LA FICHE DU SON
Le maître prépare une fiche récapitulant :

  • les différentes graphies trouvées avec des phrases exemples
  • les pièges rencontrés
    Cette fiche peut être préparée avec l’aide des enfants.
    Cette fiche est insérée dans le cahier de sons. (cahier ou classeur)

2) AUTO-DICTÉE
Une des phrases de la fiche peut servir de support à l’auto-dictée.
Celle-ci peut être :

  • choisie librement par l’enfant
  • imposée par le maître (afin par exemple de constituer un répertoire orthographique).

REMARQUES

1) Au cours de la phase orale et de la phase écrite, le maître repère les enfants :

  • qui confondent le son étudié avec des sons voisins
  • qui ont du mal à faire le codage (problème d’écoute, de non-compréhension du sens des mots : début du mot, fin du mot, dans le mot)
    pour établir d’éventuels groupes de besoins.

2) Certains exercices peuvent servir tous les ans, mais d’autres sont fonction du vécu de la classe et ne sont donc pas réutilisables.

3) Toutes les fiches (et tous les types d’exercices) ne sont pas à faire pour un son, suivant le niveau des enfants. C’est ici l’occasion de proposer un réel travail différencié. Il est important de bien observer les enfants dans les premiers jours afin d’approcher au plus vite leur façon de travailler afin de leur proposer LE travail qui les fera avancer plutôt que le tas de fiches qui les "occupera" (ou pire !).

4) Au début, chaque type de fiche doit être construit de la même façon. Au bout de l’étude de quelques sons, les enfants reconnaissent les fiches et savent ce qu’il faut faire. Ce qui permet au maître de donner un minimum de consignes et aux enfants de se débrouiller de façon autonome. Penser à l’affichage des consignes accompagnées de leur pictogramme explicite (voir Les mots des consignes).
Peu à peu, on introduira des fiches présentées différemment, mais toujours avec des consignes claires, afin de développer un certain degré de "stimulation".

5) Certains sons ne sont pas étudiés systématiquement, même s’ils sont abordés dans les textes. Cela permet de consacrer plus de temps à des activités qui sont trop souvent reportées : production d’écrits, travail sur la compréhension, etc ...

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